Mgr JP.PNG

Mission catholique

Archidiocèse de Papeete

Communiqué diocésain n° 22 du mercredi 2 juin 2021

"REGARD SUR L'ACTUALITE"

"COEUR TRANSPERCE PAR AMOUR"

Vendredi 11 Juin, l’Eglise nous invite à célébrer la fête du Sacré Cœur de Jésus. Cette célébration devrait revêtir dans notre diocèse de Papeete et dans celui de Taiohae une importance particulière si l’on se souvient que ce sont des religieux des Sacrés Cœurs qui, en 1834, ont apporté la foi catholique dans nos îles, et ce, dans une de ses plus belles expressions : la dévotion au Cœur Sacré de Jésus et au Cœur Immaculé de Marie. Les paroisses « Sacré Cœur » de Hitiaa, de Arue, de Napuka, l’ancienne église du Sacré Cœur d’Otepipi (Anaa), l’école maternelle et primaire, le collège et le lycée du Sacré Cœur de Taravao, et aux Marquises, la paroisse des Sacrés Cœurs de Hatiheu, les paroisses du Sacré Cœur de Haakuti, de Puamau et la paroisse Notre Dame du Sacré Cœur de Taaoa témoignent de la place que prenait la dévotion au cœur de Jésus et au cœur immaculé de Marie dans le cœur de ces premiers missionnaires.

Que nous révèle donc le cœur du Christ ? Que si Jésus est Dieu, il est aussi homme, un homme qui a aimé et continue d’aimer comme Dieu nous aime, car l’amour du Christ est amour de Dieu. Les Ecritures nous révèlent ce que Jésus éprouvait dans son cœur : amour, pitié, compassion, miséricorde... Jésus pleura devant la tombe de son ami Lazare, et les Juifs dirent : « voyez comme il l’aimait » ; il fut saisi de compassion devant les foules harassées, comme des brebis sans berger ; il tressaillit de joie sous l'action de l'Esprit Saint en écoutant les apôtres à leur retour de mission ; il fut en colère, navré de l’endurcissement du cœur des Pharisiens lorsqu’il guérit l’homme à la main desséchée, et à Gethsémani, il dit à ses disciples que son âme était triste à en mourir. Même une fois mort, Jésus, de son côté transpercé laissa s’ouvrir son cœur d’où jaillirent le sang et l’eau, source de vie et d’Esprit, réalisant ainsi ce qu’il avait proclamé à haute voix quelques jours plus tôt : « si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive… celui qui croit en moi ! " selon le mot de l'Écriture : « De son sein couleront des fleuves d'eau vive ».

Evoquer le cœur du Christ, c’est donc nous tourner vers ce qu’il y a de plus profond, de plus intime en lui, c’est reconnaître que ce cœur est rempli du mystère d’amour de Dieu, que ce cœur de Jésus est le cœur de Dieu lui-même : cœur transpercé continuant de déborder d’amour pour nous, malgré l’obscurité de notre manque d’espérance, de nos infidélités et de nos aveuglements. Lorsque nous cherchons à savoir qui est Dieu, qu’il nous suffise de contempler le cœur transpercé du Christ pour y découvrir l’amour don, car Dieu se fait connaître grâce à son amour manifesté en son Fils Jésus Christ. Toute l’histoire du salut, tout l’évangile nous en parle. Saint Paul ne dit pas autre chose lorsqu’il écrit aux Galates : « Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et s'est livré pour moi ».

   

Aujourd’hui plus que jamais, dans un monde marqué par l’intolérance, la violence, l’esprit de vengeance et où le cours du prix de la vie humaine est à la baisse à la bourse des valeurs (Avortements, euthanasie, massacres, tueries aveugles d’innocents…) célébrer le cœur de Jésus doit aider les disciples du Christ à ne pas se laisser entrainer dans cette spirale de mort et à accepter l’invitation à le suivre, à aimer comme lui, à faire leurs les attitudes, les choix, et les œuvres qui ont conduit Jésus jusqu’à l’extrême, avoir son cœur transpercé sur la croix.

                 

Face aux difficultés et aux blessures qui nous font souffrir, face à la violence qui semble se répandre dans le monde, contempler le cœur de Jésus transpercé par la lance du soldat peut aider chacun à ne pas désespérer. L’amour n’a-t-il pas été victorieux au matin de Pâques ? De quel amour puis-je aimer les autres, quand je réalise que l’amour de Dieu s’incarne et prend au sérieux la réalité souffrante des personnes ? Jusqu’où ira le don de ma vie et ma générosité, lorsque je vois mes semblables rejetés, méprisés ? A quelles tâches de réconciliation et de justice m’entrainera cette croix plantée dans le cœur de Jésus ?

                 

En acceptant de mourir sur la croix, Jésus choisit de tout donner, d’aimer jusqu’au bout. De son cœur transpercé jaillissent l’eau du Baptême et le sang de l’Eucharistie. Saurons-nous être aux côtés de Marie au pied de la croix pour accueillir cette ultime preuve d’amour que le Christ nous donne et pour en vivre jour après jour ?

Monseigneur JP COTTANCEAU